Notre intention

Cet événement est né de l’initiative d’étudiants en arts du spectacle à finalité écriture et analyse cinématographiques de l’Université Libre de Bruxelles. Ce projet a pu se mettre en place grâce au Fonds Van Huele décerné par la Maison des Arts, et grâce au soutien de Dominique Nasta, professeure en cinéma et présidente de département des Sciences de l’information et de la communication à l’ULB.

Dans le cadre de ce projet, nous aimerions nous concentrer sur ce qui, d’après nous, constitue le coeur même de l’oeuvre des Frères Dardenne. Les corps meurtris hantent leur filmographie. À chaque nouveau film, un nouveau corps touché, blessé, frappé, abîmé. Des corps qui luttent malgré tout pour échapper un tant soit peu aux conditions qui les enchaînent. Leurs blessures ne sont jamais des fatalités. Elles sont peut-être même les conditions de leur existence. Ce qui paradoxalement les protège de leur destinée, et de ce fait, les rend plus humains. C’est dans cette lutte du corps meurtri face à ses conditions existentielles qu’émerge la possibilité d’une éthique. Du frottement s’émancipe un espace de libération. Le corps meurtri est multiple.

Celui de Rosetta (Rosetta, 1999), petite guerrière aveuglée par les valeurs d’une société qui l’opprime, au point où sa propre physiologie devient une gêne et peut-être, en même temps, le lointain écho biologique d’une oppression sociétale tout aussi douloureuse.

Le corps blessé à mort d’Amidou (La Promesse, 1996) qui se prolonge par une promesse dans celui, encore adolescent, d’Igor. Un corps en changement, qui n’est précisément pas arrêté, parce que le propre de tous ces corps abîmés, c’est d’être pris dans l’espoir d’une transformation.

De même pour Bruno (L’enfant, 2005) confronté à sa propre réalité au travers du corps chétif de Jimmy. Ou la physionomie robuste et renfrognée d’Olivier (Le Fils, 2001) qui s’ouvre à l’autre au travers de la figure absente d’un corps sacrifié.

Le corps perdu de Cyril (Le Gamin au vélo, 2011), celui torturé de Claudy (Le Silence de Lorna, 2008), ou encore celui abattu de Sandra (Deux jours, une nuit, 2014). Les corps meurtris abondent, et sont à chaque fois la source d’un nouveau récit, précisément parce qu’ils sont le site paradoxal de la délivrance.


This event is born from the initiative of students in cinema at the Université Libre de Bruxelles. This project was put in place thanks to the Van Huele Fund awarded by La Maison des Arts of the Université Libre de Bruxelles, and thanks to the support of Dominique Nasta, professor in cinema and chair of the department of Information and Communication Sciences at ULB.

As part of this project, we would like to focus on what we believe to be the very heart of the work of the Dardenne Brothers. The hurted bodies haunt their filmography. With each new film, a new body is touched, hurted, hit, damaged. Bodies struggling anyway to escape a little bit the conditions that bind them. Their wounds are never fatal. They may even  be the conditions of their existence. Which paradoxically protects them from their destiny, and thereby makes them more human. It is in this struggle of the hurted body in the face of its existential conditions that the possibility of an ethic emerges. From the friction emancipates a space of liberation.

The body of Rosetta (Rosetta, 1999), little warrior blinded by the values of a society that oppresses her, to the point where her own physiology becomes an embarrassment and perhaps, at the same time, the distant biological echo of an equally painful societal oppression.

The hurted body is multiple. The body injured to death of Amidou (La Promesse, 1996) which is prolonged by a promise in the body, still adolescent of Igor. A body in change, which is not precisely stopped, because the characteristic of all these damaged bodies is to hope for a transformation.

The same applies to Bruno (L’enfant, 2005) confronted to his own reality through the stunted bord of Jimmy. Or the robust and scowling physiognomy of Olivier (Le Fils, 2001) which opens to the other through the absent figure of a sacrificed body.

The lost body of Cyril (Le Gamin au vélo, 2011), the tortured one of Claudy (Le Silence de Lorna, 2008), or the overwhelmed body of Sandra (Deux jours, une nuit, 2014). Hurted bodies abound, and are each time the source of a new narrative, precisely because they are the paradoxical site of deliverance.

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